PNNS 5 (2026-2030) : ce que les diététiciens doivent savoir sur le nouveau Programme National Nutrition Santé
- Marie-Aude Desenne
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- 7 mai
- 12 min de lecture
En bref : Publié le 8 avril 2026 lors du One Health Summit de Lyon, le PNNS 5 (Programme National Nutrition Santé 2026-2030) marque un tournant dans la politique nutritionnelle française. Approche One Health, virage réglementaire, focus obésité infantile, premier encadrement nutritionnel des crèches…
Tour d'horizon des 20 mesures et de leurs applications concrètes pour les diététiciens nutritionnistes.
Qu'est-ce que le PNNS 5 ?
Le Programme National Nutrition Santé 2026-2030, communément appelé PNNS 5, est le 5ᵉ cycle quinquennal de la politique nutritionnelle française, lancé pour la première fois en 2001. Dévoilé le 8 avril 2026 à l'occasion du One Health Summit de Lyon (5-7 avril 2026), il a été rendu public en même temps que le PNA 4 (4ᵉ Programme National pour l'Alimentation).
Qui pilote le PNNS 5 ?
Pilotage politique : Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées.
Présidence scientifique : Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm et directrice de l'EREN (Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle), reconnue pour ses travaux en épidémiologie nutritionnelle.
Comment le PNNS 5 s'articule-t-il avec les autres stratégies ?
Le PNNS 5 n'est pas un texte isolé : il s'inscrit dans une architecture interministérielle complexe que tout diététicien doit savoir resituer.
SNANC (Stratégie Nationale pour l'Alimentation, la Nutrition et le Climat) : cadre englobant issu de la loi Climat et Résilience de 2021, publiée le 3 février 2026.
PNA 4 : volet alimentation, copiloté par le ministère de l'Agriculture.
SNSS 2 (Stratégie Nationale Sport-Santé 2025-2030) : volet activité physique du PNNS 5.
Pacte des solidarités et programme Mieux Manger Pour Tous (PMMPT).
Feuille de route obésité 2026-2030 (publiée le 14 janvier 2026, pilotée par la DGOS et le Pr Judith Aron-Wisnewsky).
Feuille de route des 1000 premiers jours et Feuille de route sommeil 2025-2026.
Stratégie Chlordécone à horizon 2027 (Guadeloupe, Martinique).
💡 Bon à savoir pour les diététiciens : Cette articulation matérialise une approche One Health intégrée, qui considère santé humaine, animale et environnementale comme indissociables.
Le contexte sanitaire qui justifie le PNNS 5
Les chiffres rappelés dans le PNNS 5 dressent un tableau inquiétant qui légitime une action publique forte.
Indicateur | Chiffre |
Français en surpoids ou obésité | 1 sur 2 |
Décès prématuré lié à l'alimentation | 1 sur 5 |
Décès prématuré lié à la sédentarité | 1 sur 10 |
Maladies cardiovasculaires | 5 millions |
Personnes diabétiques | 4 millions |
Cancers pris en charge | 3 millions |
Personnes dénutries | 2 millions (dont 270 000 en EHPAD, 400 000 à domicile) |
Adolescents 11-17 ans à risque sanitaire (Anses) | 66 % |
Décès annuels liés à l'inactivité et la sédentarité | > 38 000 |
Coût social et économique de l'inactivité | 140 milliards €/an |
Comme le souligne France Assos Santé dans son analyse du PNNS 5, « un Français sur deux est en situation de surpoids ou d'obésité, et un décès prématuré sur cinq est lié à l'alimentation » (France Assos Santé, 14 avril 2026).
Les 3 axes stratégiques du PNNS 5
Le PNNS 5 est structuré autour de 3 axes majeurs qui rompent avec une logique purement individuelle pour intégrer une approche systémique des environnements nutritionnels.
Axe 1 — Garantir à tous l'accès à des environnements nutritionnels durables favorables à la santé
Garantir l'accessibilité physique et financière à une alimentation saine et durable (supermarchés, distributeurs automatiques, restauration collective).
Réduire la pression du marketing alimentaire, en particulier auprès des enfants : plus de 38 % des publicités alimentaires aux heures de forte audience jeune promeuvent encore des produits trop gras, sucrés, salés.
Promouvoir les mobilités actives et l'activité physique pour tous.
Axe 2 — Encourager des comportements nutritionnels sains et durables
Informer et sensibiliser : poursuite du déploiement du Nutri-Score (près de 1 400 entreprises engagées, 62 % des parts de marché en 2026).
Accompagner les femmes dès le désir de grossesse et les parents pendant la petite enfance (vitamine B9, allaitement).
Prévenir la perte d'autonomie et les maladies chroniques par la nutrition (dénutrition, activité physique adaptée).
Axe 3 — Faire des milieux de vie des espaces promoteurs de santé
Renforcer le rôle des entreprises, écoles et établissements d'enseignement supérieur comme lieux promoteurs de santé.
Promouvoir et faciliter les initiatives locales (PAT, Villes-Santé OMS, Réseau d'Acteurs du PNNS).
Les 20 mesures phares du PNNS 5
Le PNNS 5 décline ses 3 axes en 20 mesures opérationnelles ciblant des publics spécifiques. Voici la synthèse complète.
N° | Mesure | Cible |
1 | Réduire la teneur en sucres des produits fréquemment consommés par les enfants (accord collectif) | Enfants |
2 | Retirer les confiseries des sorties de caisse (86 % des magasins en avaient encore en 2024) | Enfants |
3 | Améliorer l'offre en distributeurs automatiques | Tous |
4 | Qualité de l'offre et tarification sociale en Outre-mer (Bouclier Qualité Prix) | DROM |
5 | Structurer l'aide alimentaire en Outre-mer | DROM |
6 | Protéger les jeunes des publicités pour fast-foods près des écoles | Enfants/jeunes |
7 | Réviser les messages sanitaires (« Mangez 5 fruits et légumes par jour ») | Tous |
8 | Déployer le Nutri-Score (nouvel algorithme, restauration hors foyer, international) | Tous |
9 | Recommandations alimentaires saines et durables (métropole + DROM) | Tous |
10 | Sensibiliser aux risques des compléments alimentaires (Nutrivigilance) | Tous |
11 | Faire de la prévention du surpoids/obésité infantile une Grande cause nationale d'ici 2030 | Enfants |
12 | Nouvelles recommandations pour femmes enceintes, post-partum + vitamine B9 | Femmes |
13 | Soutenir l'allaitement maternel | Femmes/bébés |
14 | Premier encadrement réglementaire de la qualité nutritionnelle en crèches | Petite enfance |
15 | Prévention et repérage de la dénutrition (programme ICOPE, Semaine nationale) | Personnes âgées |
16 | Programmes nutritionnels dans les écoles ultramarines (Nutrition Marmay, PRALIMAP-INÈS) | DROM |
17 | Évaluation du dispositif Petits Déjeuners à l'école | Enfants REP/REP+ |
18 | Outils de promotion en entreprise (alimentation, AP, sédentarité) | Salariés |
19 | Image corporelle positive, lutte contre la grossophobie | Tous |
20 | Animation du Réseau d'Acteurs du PNNS, logo PNNS | Professionnels |
Les 8 grandes nouveautés par rapport au PNNS 4
Pour les diététiciens qui maîtrisent déjà le PNNS 4, voici ce qui change réellement avec ce 5ᵉ cycle.
Cadre One Health : approche intégrée santé humaine / animale / environnementale, via la SNANC.
Virage réglementaire : passage d'une logique purement incitative à des mesures réglementaires et fiscales en cas d'échec des engagements volontaires. Comme le note l'analyse de Protéines XTC (avril 2026), « la logique de demande d'engagements volontaires avec menace réglementaire en cas de non-atteinte devient le mode de pilotage dominant ».
Premier encadrement réglementaire de la qualité nutritionnelle en crèches, EHPAD et établissements pénitentiaires (loi Bien vieillir du 8 avril 2024 pour les EHPAD).
Intégration du sommeil comme déterminant de santé (articulation avec la feuille de route sommeil).
Focus Outre-mer renforcé : chlordécone, programme JAFA (jardins familiaux aux Antilles), Plan Cantines Guadeloupe, Nutri Pou Ti'moun (Guyane), dispositif bons alimentaires Mayotte post-cyclone.
Durabilité environnementale intégrée aux repères nutritionnels (travaux Anses/ADEME).
Lutte contre la stigmatisation de l'obésité et promotion d'une image corporelle positive (mesure inédite).
Enjeu vitamine B9 (folates) : le risque de déficit chez les femmes 18-49 ans est passé de 7,2 % en 2006 à 13,4 % en 2015. Moins d'un tiers des femmes commencent l'acide folique avant la grossesse comme recommandé.
Les objectifs chiffrés à connaître
Statut nutritionnel (issus de la SNS 2023-2033)
−30 % de prévalence du surpoids/obésité chez enfants et adolescents d'ici 2030.
−20 % chez les enfants/adolescents issus de familles défavorisées.
Nutri-Score
Passer de 33 % à 40 % des personnes l'utilisant pour leurs achats.
Passer de 62 % à 75 % du volume des ventes affichant le Nutri-Score.
Produits bio
12 % de consommation en valeur, sur l'ensemble des circuits et pour toute la population.
Allaitement maternel
85 % d'enfants allaités à la naissance.
≥ 75 % en allaitement maternel exclusif à la naissance.
Pour rappel : 77 % allaités à la maternité en 2021 vs 74 % en 2012 ; durée médiane passée de 15 à 20 semaines entre 2012 et 2021.
Activité physique (portés par la SNSS 2)
Enfants/adolescents : ≥ 60 min d'activité physique par jour.
Adultes : 30 min/jour ou 150-300 min/semaine + 2 séances de renforcement musculaire/semaine.
Seniors (+65 ans) : idem + 3 séances de renforcement ou équilibre/semaine.
Diminuer la proportion de personnes très sédentaires (> 7 h assis/jour).
Objectifs PNNS 4 maintenus en vigueur
⚠️ À retenir : les objectifs du PNNS 4 concernant les consommations alimentaires, les apports nutritionnels et la dénutrition restent en vigueur dans l'attente des résultats de l'enquête Albane qui permettra au HCSP de réviser les objectifs chiffrés du PNNS 5.
Dénutrition :
Réduire de 15 % la dénutrition chez les > 60 ans à domicile ou en institution.
Réduire de 30 % chez les > 80 ans.
Réduire de 20 % chez les malades à la sortie d'hospitalisation.
Consommations alimentaires :
80 % de la population consommant ≥ 3,5 portions de fruits/légumes par jour (55 % à ≥ 5 portions).
100 % consommant ≥ 1 légumineuse/semaine.
100 % consommant < 500 g de viande rouge/semaine et < 150 g de charcuterie/semaine.
100 % consommant ≥ 1 poisson/semaine.
100 % consommant ≤ 1 verre de boisson sucrée/jour (jus inclus).
Ultra-transformés :
Interrompre la croissance de la consommation de produits ultra-transformés (classification NOVA) et la réduire de 20 %.
Populations cibles et applications concrètes pour le diététicien
Les enfants et les adolescents
Constat : l'obésité infantile augmente fortement le risque de persistance à l'âge adulte. Les comportements alimentaires se construisent tôt, et l'environnement alimentaire des premières années conditionne la santé nutritionnelle future.
Objectif phare : −30 % de prévalence du surpoids/obésité chez les enfants et adolescents d'ici 2030.
Applications concrètes en cabinet ou en collectivité :
Intégrer dans vos consultations parents/enfants des conseils sur l'environnement alimentaire familial (tentations en sortie de caisse, marketing TV, écrans).
Vous appuyer sur les mesures 1, 2, 6, 11, 14, 17 lors de vos interventions en école, crèche ou PMI.
Préparer vos interventions sur le dispositif Petits Déjeuners (en place depuis 2019 dans les REP/REP+).
Les femmes enceintes, post-partum et la petite enfance
Constat clé :
Le déficit en vitamine B9 chez les femmes en âge de procréer a quasiment doublé entre 2006 (7,2 %) et 2015 (13,4 %), atteignant 21,9 % chez les femmes sans bac.
La France a l'un des taux d'allaitement les plus faibles d'Europe : 77 % à la maternité (vs > 80 % dans la plupart des pays européens).
Applications concrètes :
Systématiser le dépistage du statut en folates dès le projet de grossesse.
Promouvoir activement la supplémentation en acide folique avant la conception.
Soutenir l'allaitement via la labellisation IHAB (83 maternités françaises en 2026), la ligne téléphonique nationale d'allaitement, et accompagner la reprise du travail.
Vous former au nouvel encadrement réglementaire des crèches (mesure 14).
Les personnes âgées
Constat : 2 millions de Français sont en situation de dénutrition, dont 270 000 en EHPAD et 400 000 à domicile.
Levier majeur : la loi du 8 avril 2024 « Bien vieillir et autonomie » prévoit un arrêté contraignant sur la qualité et la quantité nutritionnelles des repas en EHPAD — une avancée majeure par rapport aux recommandations GEM-RCN 2015 non contraignantes.
Applications concrètes :
Mobiliser le programme ICOPE (auto-évaluation des capacités fonctionnelles chez les 60+) en consultation.
Participer activement à la Semaine nationale de la dénutrition (depuis 2020).
Intégrer la prévention des chutes et le maintien de l'équilibre dans vos plans alimentaires (axe activité physique de la SNSS 2).
Les personnes en situation de précarité alimentaire
Constat : la précarité alimentaire a fortement augmenté depuis 2020. L'étude ABENA (Santé publique France) a mis en évidence une plus forte prévalence d'obésité, d'hypertension, de diabète et d'anémie chez ces publics.
Dispositifs à mobiliser :
Programme Mieux Manger Pour Tous (PMMPT) lancé en 2023.
Cantine à 1 € + Bonus EGalim (depuis le 1ᵉʳ janvier 2024).
CROUS à 1 € pour les étudiants boursiers et précaires (depuis 2022).
Cocolupa : Comité de coordination de lutte contre la précarité alimentaire.
Les territoires ultramarins (DROM)
Constat : prévalences d'obésité, de diabète et de précarité alimentaire nettement plus élevées qu'en Hexagone. L'importation de certains produits coûte jusqu'à 50 % plus cher qu'en métropole.
Programmes territoriaux à connaître :
Guadeloupe : Plan Cantines 2024-2027 + programme JAFA (chlordécone).
Martinique : convention Banque alimentaire / Réveil agricole.
Guyane : projet pilote Nutri Pou Ti'moun (parcours santé-nutrition pour femmes enceintes en PMI).
Mayotte : Plan Cantine 2026-2030 + dispositif post-cyclonique.
La Réunion : programme Nutrition Marmay.
Limites et points de vigilance du PNNS 5
Plusieurs voix critiques apportent un éclairage nuancé que tout diététicien gagne à connaître pour porter un regard professionnel sur le PNNS 5.
Le regard de France Assos Santé
Dans son analyse publiée le 14 avril 2026, France Assos Santé salue les avancées du PNNS 5 mais pointe plusieurs limites importantes :
Une logique majoritairement incitative : la plupart des mesures repose sur des engagements volontaires des industriels, alors que le HCSP plaidait pour des mesures contraignantes (fiscalité ciblée, interdiction stricte de la publicité alimentaire destinée aux enfants).
Un quasi-silence sur le prix de l'alimentation saine, frein majeur pour de nombreuses familles.
Des recommandations alimentaires non révisées depuis 2019 : la France autorise encore jusqu'à 650 g de viande rouge et charcuterie/semaine, là où plusieurs voisins européens (Allemagne, Pays-Bas, Suisse…) recommandent désormais 300 g toutes viandes confondues.
L'absence de l'alcool comme facteur de risque nutritionnel transversal.
Un manque de lisibilité sur les moyens financiers réellement mobilisés.
Les angles morts pointés par les professionnels de terrain
Plusieurs limites structurelles méritent votre attention en tant que diététicien :
La chronobiologie reste un angle mort : aucune recommandation sur les horaires des repas, le jeûne nocturne ou l'alignement avec les rythmes biologiques, alors que l'Anses a récemment souligné l'importance du moment des prises alimentaires et des rythmes circadiens dans la régulation métabolique.
Le sommeil, dont le rôle dans la régulation de l'appétit et du métabolisme est établi, n'est pas pleinement intégré à la politique de prévention nutritionnelle.
Les diététicien·nes nutritionnistes sont peu, voire pas, mentionnés explicitement, alors qu'ils sont les professionnels qui traduisent les recommandations en actions concrètes et adaptent les conseils aux réalités individuelles.
💡 À retenir pour votre pratique : le PNNS 5 constitue une avancée systémique, mais reste perfectible sur la prise en compte du réel — rythmes de vie désynchronisés, contraintes quotidiennes, et nécessité d'un accompagnement humain par les diététiciens formés.
Quel rôle pour les diététiciens dans la mise en œuvre ?
Même si le texte du PNNS 5 ne mentionne pas systématiquement les diététiciens, votre rôle est central dans la mise en application concrète de ces mesures. Voici 7 leviers d'action immédiats.
Vous engager dans le Réseau d'Acteurs du PNNS (mesure 20) via reseau-national-nutrition-sante.fr.
Utiliser le logo PNNS sur vos supports pédagogiques (après labellisation).
Intégrer le Nutri-Score dans vos outils d'éducation thérapeutique.
Vous former aux nouveaux référentiels crèches, EHPAD et restauration collective.
Participer à la Semaine nationale de la dénutrition chaque novembre.
Vous positionner sur les dispositifs locaux : Maisons Sport-Santé (MSS), Villes-Santé OMS, Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), Plateforme « Ma cantine ».
Communiquer auprès de votre patientèle via mangerbouger.fr, site officiel de Santé publique France.
Outils et observatoires à connaître
Oqali (Observatoire de la qualité de l'alimentation, Anses + INRAE).
Enquête Albane (Anses + SpF), qui remplace ENNS et Esteban.
Epifane (alimentation des tout-petits).
Abena (précarité alimentaire, à renouveler).
Nutrivigilance (signalements de compléments alimentaires).
Charte ARCOM 2025-2029 (marketing alimentaire).
FAQ – PNNS 5
Quand le PNNS 5 a-t-il été publié ?
Le PNNS 5 a été dévoilé le 8 avril 2026 lors du One Health Summit de Lyon (5-7 avril 2026), dans le cadre de la présidence française du G7. Il couvre la période 2026-2030.
Quelle est la différence entre le PNNS 5 et le PNA 4 ?
Le PNNS 5 est piloté par le ministère de la Santé et concerne le volet nutrition-santé. Le PNA 4 (Programme National pour l'Alimentation) est piloté par le ministère de l'Agriculture et concerne le volet alimentation, durabilité et souveraineté alimentaire. Les deux constituent la déclinaison opérationnelle de la SNANC.
Le Nutri-Score devient-il obligatoire avec le PNNS 5 ?
Non. Le PNNS 5 prévoit d'élargir l'usage du Nutri-Score (nouvel algorithme, restauration hors foyer, denrées non pré-emballées) mais confirme que son application ne sera pas rendue obligatoire au niveau national. L'objectif européen reste poursuivi.
Quelle est la principale nouveauté pour la petite enfance ?
Le premier encadrement réglementaire de la qualité nutritionnelle en crèches (mesure 14). C'est une avancée majeure par rapport aux recommandations GEM-RCN 2015, qui étaient non contraignantes.
Que devient l'objectif 5 fruits et légumes par jour ?
Le PNNS 5 prévoit (mesure 7) une révision des messages sanitaires dont l'emblématique « Mangez 5 fruits et légumes par jour », pour les adapter aux nouvelles connaissances scientifiques et à la durabilité environnementale.
Les objectifs du PNNS 4 sont-ils abandonnés ?
Non. Les objectifs du PNNS 4 sur les consommations alimentaires, les apports nutritionnels (sel, sucres) et la dénutrition restent en vigueur dans l'attente des résultats de l'enquête Albane, qui permettra au HCSP de réviser les objectifs chiffrés du PNNS 5.
Conclusion : un cadre stratégique exigeant à s'approprier
Le PNNS 5 (2026-2030) marque une étape importante dans la politique nutritionnelle française : approche One Health, virage réglementaire, premier encadrement des crèches, focus obésité infantile comme Grande cause nationale d'ici 2030, intégration des enjeux de durabilité environnementale.
Pour les diététiciens nutritionnistes, ce cadre est à la fois une boussole (objectifs chiffrés, repères, populations prioritaires) et un terrain d'engagement professionnel (Réseau d'Acteurs du PNNS, restauration collective, ETP, prévention de la dénutrition, accompagnement de la petite enfance).
Si certaines limites doivent être lucidement reconnues — logique encore largement incitative, absence de la chronobiologie, peu de mention explicite du diététicien —, le PNNS 5 reste un outil de référence indispensable pour structurer votre pratique et porter votre voix dans les politiques de santé publique des cinq prochaines années.
📚 Sources et références
Texte officiel du PNNS 5, ministère de la Santé, publié le 8 avril 2026 : sante.gouv.fr
France Assos Santé, « PNNS 5 : une avancée… encore trop timide face aux enjeux sociaux et de santé publique », 14 avril 2026.
Obésité France, « Lancement du 4ème Programme National pour l'Alimentation et du 5ème Programme National Nutrition Santé 2026-2030 ».
Protéines XTC, « PNNS 5 (2026-2030) : un nouveau cycle pour la politique nutritionnelle française », avril 2026.
DRAAF Grand Est, « Programme national pour l'alimentation (PNA 4) 2026-2030 ».
La France Agricole, « La France dévoile ses plans pour une meilleure alimentation », 9 avril 2026.
Promotion Santé IDF, « Programme national nutrition santé 2026-2030 (PNNS 5) ».
Réseau National Nutrition Santé : reseau-national-nutrition-sante.fr
Anses, Santé publique France, INSERM (chiffres épidémiologiques).
DEFI Formation, Cours BTS Diététique – PNNS 5 (2026-2030), 2026.

Article rédigé le 7 mai 2026. Les informations présentées sont issues du texte officiel du PNNS 5 et d'analyses publiées par des sources institutionnelles, scientifiques ou associatives reconnues. Ce contenu a vocation pédagogique et professionnelle ; il ne se substitue pas au texte officiel du PNNS 5.
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